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Lire un essai : ce qui est mesuré, ce qui est ressenti

Par · · 5 min de lecture

Un essai mélange en permanence des relevés et des impressions. Les deux sont utiles, à condition de savoir lequel on est en train de lire.

C'est la discipline que je m'impose en écrivant et le filtre que je conseille en lisant. Un essai qui ne distingue pas ces deux registres n'est pas exploitable.

Ce qui est mesurable

Des valeurs relevées dans des conditions décrites : consommation sur un parcours donné, distances de freinage, volumes de coffre, mesures d'habitabilité. Ces éléments sont comparables entre véhicules à condition que le protocole soit le même et qu'il soit indiqué.

Un chiffre sans protocole n'est pas une mesure. C'est une affirmation.

La question à poser à tout chiffre d'essai : dans quelles conditions, et le même protocole a-t-il été appliqué à l'autre véhicule ?

Ce qui est ressenti

Le confort, la position de conduite, l'agrément, le comportement perçu. Ce sont des informations réelles et utiles, mais elles dépendent de la morphologie, des habitudes et des attentes de celui qui essaie.

Elles ne s'invalident pas — elles se situent. Un essayeur qui précise sa taille, son usage habituel et ses préférences donne au lecteur de quoi transposer. Sans ces éléments, une impression de confort ne prédit rien pour quelqu'un d'autre.

Ce qu'un essai ne peut pas dire

La fiabilité. Elle s'observe sur des années et sur un parc, pas sur quelques centaines de kilomètres. Aucun essai, quelle que soit sa qualité, n'est en position de se prononcer là-dessus.

Le coût de possession complet, également : il dépend de l'entretien réel, de la valeur résiduelle et de la disponibilité des pièces sur la durée.

Ce que je regarde en priorité

Et je me méfie des essais où tout est satisfaisant. Aucun véhicule n'est sans compromis : un texte qui n'en identifie aucun n'a pas cherché.

Portrait de Paul Gaudry

Rédacteur en chef · Auto & Mécanique

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