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L'historique d'entretien vaut plus que le kilométrage

Par · · 7 min de lecture

On négocie sur les kilomètres et on ignore le carnet. C'est l'inverse qu'il faudrait faire : deux voitures au même compteur peuvent avoir des états très différents.

Le kilométrage est le premier critère regardé parce qu'il est simple et affiché. Il dit pourtant beaucoup moins de choses sur l'état d'un véhicule que la façon dont il a été entretenu et utilisé.

Pourquoi le compteur ment sans mentir

Des kilomètres d'autoroute, moteur chaud et régime stable, usent beaucoup moins qu'un kilométrage équivalent de trajets urbains courts où le moteur n'atteint jamais sa température de fonctionnement.

Un faible kilométrage n'est donc pas nécessairement une bonne nouvelle : une voiture peu utilisée sur des trajets courts, ou immobilisée longtemps, présente ses propres problèmes — vieillissement des caoutchoucs, corrosion, batterie, liquides dégradés par le temps plutôt que par l'usage.

La bonne question n'est pas « combien de kilomètres » mais « quels kilomètres, et avec quel entretien ».

Ce que je regarde dans le carnet

Les documents à demander

Le carnet et les factures, évidemment. Mais aussi les rapports de contrôle technique successifs, qui donnent l'historique des points relevés — et un relevé de kilométrage à chaque passage, ce qui permet de vérifier la cohérence dans le temps.

Il existe par ailleurs des dispositifs officiels d'information sur l'historique administratif d'un véhicule, à consulter avant tout achat. Les modalités relèvent des services publics compétents.

L'essai, et ce qu'il faut y faire

Démarrer à froid, ce qui suppose que le vendeur n'ait pas fait chauffer avant. Beaucoup de symptômes n'apparaissent qu'à ce moment-là et disparaissent ensuite.

Rouler suffisamment longtemps pour que tout monte en température, en variant les allures. Écouter fenêtres ouvertes. Et faire un test de freinage appuyé sur une route dégagée.

La limite que je pose

Un examen visuel ne remplace pas un diagnostic. Pour un achat engageant, une inspection par un professionnel avant l'achat coûte une fraction du prix du véhicule et détecte ce qui ne se voit pas — état de la structure, jeux dans les liaisons au sol, codes défaut mémorisés.

C'est la dépense la plus rentable de tout le processus, et c'est celle qu'on saute parce qu'on est déjà décidé.

Portrait de Paul Gaudry

Rédacteur en chef · Auto & Mécanique

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